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Prêt pour la retraite? Cinq situations, cinq pistes de solution

Par Jacqueline Simoneau

Crédit photo: iStockphoto.com

Mon conjoint veut prendre sa retraite, mais je ne me sens pas prête

Rien n’oblige des conjoints à prendre leur retraite au même moment. Il est d’ailleurs de plus en plus fréquent de voir l’un des deux prendre sa retraite avant l’autre. Cela dit, la retraite de l’un représente souvent un défi de taille pour les deux. Il se crée immanquablement un décalage entre le rythme de vie du partenaire actif professionnellement et celui du retraité. Ce dernier développe une routine, un réseau d’amis, des activités en dehors de la vie de couple. La personne qui travaille peut alors se sentir lésée, surtout si elle doit combler le manque à gagner, continuer à s’occuper des tâches ménagères ou subir la pression du conjoint qui souhaite sortir le week-end alors qu’elle se sent vidée.  Cela crée parfois des tensions. 

La solution pour éviter la crise: se parler. Chacun doit dire comment il voit la nouvelle situation et chercher à savoir comment il serait possible de mieux s’y ajuster. «Bien avant que sonne l’heure de la retraite pour l’un des conjoints, le couple doit trouver des terrains d’entente, affirme Stéphanie Léonard. Pour cela, il faut clairement exprimer ses attentes, ses besoins et ses émotions. Il ne faut pas penser que l’autre les devinera sous prétexte qu’on vit depuis longtemps ensemble. Il n’y a rien comme les non-dits pour envenimer une situation. Il faut respecter le choix de l’autre, tout en cherchant des moyens de se rejoindre. Par exemple, le conjoint à la retraite peut s’occuper des courses et du ménage, ce qui permettra à celui qui travaille de participer à des activités le week-end venu. À chacun de trouver des solutions et de faire des compromis pour éviter les déceptions de part et d’autre.»

Je pense à prendre ma retraite. Comment savoir si je suis prêt à faire le saut?

Plus on se rapproche de l’âge associé à la retraite – entre 55 et 65 ans –, plus il est normal de s’interroger, surtout si des personnes de notre entourage franchissent le pas. Il n’y a toutefois pas de ligne directrice. Certains prennent leur retraite très tôt, d’autres tardivement ou pas du tout. 

Pour savoir où vous vous situez, la psychologue Stéphanie Léonard vous demanderait: «Comment entrevoyez-vous vos années de retraite? Quels sont vos projets? Souhaitez-vous la prendre tôt pour pouvoir réaliser vos rêves pendant que vous êtes en forme? Vous sentez-vous de plus en plus insatisfait, démotivé et mal à l’aise au boulot? À cette période de votre vie, qu’est-ce qui correspond le mieux à vos besoins, la retraite ou le boulot?» 

Au fond, si vous aimez votre emploi, s’il répond à vos besoins, si vous rendre au travail n’est pas lourd, si vous vous y sentez apprécié, il n’y a pas lieu de précipiter les choses. C’est à partir du moment où vous vous sentez moins bien au travail, ou que l’idée de la retraite vous attire de plus en plus, que cette prise de conscience s’impose. La bonne idée : expérimenter la semi-retraite, si possible. Après un certain temps, vous ne savez trop quoi faire de vos journées à la maison? Vous n’êtes assurément pas prêt pour le grand congé. 

Nous sommes à la retraite. Mon conjoint veut retourner travailler

Après l’euphorie des premiers mois où l’on se sent libéré de l’obligation de travailler et de performer, certains ont de la difficulté à se faire à leur nouvelle vie. Selon Statistique Canada, un retraité sur quatre retourne sur le marché du travail! Vous n’êtes donc pas seule à vivre ce rebondissement. 

Selon Stéphanie Léonard, tout est dans la perception que vous en avez. «Si on le vit comme un abandon, cela risque de causer des conflits, c’est certain. Même constat si cela remet en question un rêve commun, comme vivre à la campagne ou passer l’hiver en Floride. Il faut donc voir ensemble les implications de ce retour au travail sur la vie du couple, et trouver des compromis. Quand aucun grand rêve commun ne se trouve remis en question, l’enjeu est moins grand. On peut simplement se dire que si son conjoint faisait plutôt du bénévolat, du mentorat ou des activités en solo, on ne le verrait pas davantage. Dans la mesure où il est heureux de son choix, pourquoi pas? L’important, c’est de trouver du temps pour faire des activités en couple et se retrouver.» 

J’hésite. J’ai peur de m’ennuyer, de me sentir inutile, de perdre mon réseau social

Même si vous vous sentez mûr pour la retraite, il est normal de vous sentir angoissé. Le travail contribue à établir votre identité et votre réseau social, à définir votre statut, à vous réaliser et à vous valoriser. Du jour au lendemain, la routine que vous aviez adoptée disparaît. Fini aussi les discussions avec les collègues. La perte de ces repères et la rupture avec la routine quotidienne risquent donc d’être déstabilisantes, surtout si vous n’avez pas prévu de stratégies de remplacement ou si vous entretenez des attentes irréalistes. Par exemple, voir la retraite comme des vacances perpétuelles est la meilleure façon d’être déçu et désorienté. 

Pour éviter le choc, vous devez prévoir le coup bien avant de partir à la retraite, en ayant déjà une bonne idée de ce que vous ferez de vos journées. Songez-y: puisqu’on vit plus longtemps et en meilleure santé que les générations précédentes, votre vie à la retraite pourrait bien être aussi longue que votre vie au travail! Savoir vers quoi vous allez, voilà qui vous permettra d’atténuer le stress émotionnel lié à cette période et de chasser le sentiment de perte de but dans la vie. Il faut voir ce moment comme un nouveau départ, une façon différente de s’engager socialement. 

«La retraite nous oblige à nous redéfinir, à nous reconstruire sur des bases différentes, à nous prendre en main et à nous valoriser à travers d’autres activités que le travail, déclare Stéphanie Léonard. Mais si on n’a jamais eu de telles activités, si notre réseau social se limite à nos collègues de travail, il est évident que le choc sera énorme. La période euphorisante des premiers mois risque alors d’être suivie d’un grand vide. Voilà pourquoi il est important de se demander comment on occupera son temps et comment on pourra continuer à être utile et actif une fois à la retraite. Ça peut être en s’inscrivant à des cours, en adhérant à un club de marche, en faisant du mentorat ou du bénévolat, par exemple. Il s’agit de choisir des activités qui correspondent à nos intérêts et d’être réaliste. Si l’on n’est pas sportif, on ne le deviendra pas subitement.» 

«On a aussi avantage à instaurer une routine quotidienne, avec des plages de temps où l’on est actif physiquement et mentalement. Et, bien sûr, il faut maintenir une vie sociale. Le bureau est un lieu important de socialisation. On passe souvent plus de temps avec nos collègues qu’avec les membres de notre famille. Il faut donc se créer un nouveau réseau.» 

Malgré une bonne planification, attendez-vous à vivre une période d’adaptation. Et plus encore si le travail occupe une partie importante de votre vie et si vous vous sentez valorisé à travers lui. «Beaucoup de gens idéalisent la retraite et sont forcément déçus, dit Stéphanie Léonard. L’écart est trop grand entre leurs attentes, leurs exigences et la réalité. Cela ne veut pas dire que la retraite soit une calamité! Mais la vie de retraité est différente. Il y a des deuils à faire. La transition est donc une étape très émotive. Mais bien préparée, la retraite peut s’avérer une période passionnante et enrichissante.»

Nous prenons notre retraite au même moment. L’idée d’être toujours ensemble me stresse.

La retraite peut effectivement s’avérer difficile pour certains couples. D’abord, il peut arriver que les deux se fassent de ce moment une idée bien différente. D’où l’importance de discuter des projets de chacun bien avant le jour J. Pour survivre à cette transition, on a avantage à partager sensiblement la même conception de cette étape et à avoir le goût de réaliser des projets en commun. 

Puis, une fois à la retraite, il faut réapprendre à vivre à deux. Ce qui n’est pas toujours simple. Si une distance s’était déjà installée entre les partenaires, cela ne s’améliorera sans doute pas. Les conflits latents risquent de refaire surface en raison d’une plus grande proximité. Les couples fragiles risquent d’éclater. La preuve: le taux de séparation au cours des premières années de la retraite est de 25%. C’est un couple sur quatre! 

«Durant leur vie active, les partenaires ne se voyaient que quelques heures par jour, explique Stéphanie Léonard. Maintenant, ils sont ensemble presque tout le temps. Les défauts de l’autre irritent davantage. Madame trouve que son conjoint est toujours dans ses jambes ou qu’il se mêle trop de l’organisation de la maison qui, jusqu’à présent, lui était réservée. Monsieur, lui, trouve sa conjointe envahissante ou trop exigeante. L’un et l’autre peuvent aussi avoir évolué différemment et ne plus se rejoindre. Si on n’a pas discuté au préalable de la façon dont on entrevoit la retraite, on peut se trouver dans un cul-de-sac. Il faut aussi comprendre que chacun a besoin de moments d’intimité. Il est important de planifier des activités communes, mais aussi de se garder des centres d’intérêt personnels et d’avoir son propre cercle d’amis. Au sein du couple, chacun doit pouvoir garder son identité. C’est la base d’un couple sain. Il est illusoire de penser qu’on doit tout faire ensemble, une fois à la retraite. Cela dit, il faut s’accorder un temps de transition et d’ajustement pour trouver un juste équilibre. Patience et souplesse sont alors de mise.»

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