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Les 65 ans et plus, champions de l’alimentation

Les 65 ans et plus, champions de l’alimentation

Par Jessica Dostie

Crédit photo: Brooke Lark via Unsplash

Que mangent les Québécois? Les résultats préliminaires de l’étude NutriQuébec, un projet de recherche sur nos habitudes alimentaires, montrent en tout cas que le confinement du printemps 2020 a été moins néfaste que ce qu’on anticipait et que les 65 ans et plus sont de vrais pros de l'alimentation saine. 

Benoît Lamarche, professeur à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation à l’Université Laval, et ses collègues chercheurs ne s’en cachent pas: ils ont été «étonnés» de constater que, pour bon nombre des participants à la première cohorte de leur étude NutriQuébec, la pandémie de COVID-19 a mené à une certaine amélioration des habitudes alimentaires. 

Après avoir analysé une première fois l’alimentation de 853 participants à l’étude durant les mois qui ont précédé mars 2020, les chercheurs leur ont soumis un nouveau questionnaire du 15 avril au 12 mai 2020. Conclusions: l’indice de la qualité de l’alimentation des répondants est passé de 69 % à 70 %. Jugée significative par les experts, cette augmentation qui pourrait paraître minime aux yeux des non-initiés aurait notamment été engendrée par de petites hausses dans la consommation de produits céréaliers de grains entiers, de légumineuses, de légumes, de poissons, de produits laitiers et de protéines végétales, ont constaté les chercheurs. En parallèle, une baisse de la consommation de sucre et de produits céréaliers à base de farine raffinée a aussi été observée.

«Nous avions opté pour une hypothèse plus pessimiste et nous supposions que le stress causé par la pandémie allait détériorer l’alimentation, explique Benoît Lamarche, mais ça ne s’est pas avéré.» Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces résultats, dit-il, à commencer par la fermeture des restaurants. «Avant mars 2020, nos données montrent que presque un repas sur quatre était consommé à l’extérieur. Durant le confinement, c’est tombé à 2 %.»

Les 65 ans et plus: des premiers de classe

Si les 18-35 ans ont davantage amélioré leur alimentation durant cette période que les autres groupes d’âge, l’analyse, parue dans la revue The American Journal of Clinical Nutrition, a aussi montré «peu d’amélioration» du côté des 65 ans et plus. «Il faut dire que ce groupe avait les valeurs les plus élevées au départ, c’est-à-dire que la qualité de leur alimentation était déjà meilleure, signale Benoît Lamarche. Il y avait donc moins de place à l’amélioration.»

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