15 mythes et vérités sur l’alcool

15 mythes et vérités sur l’alcool

Par Jacqueline Simoneau

Crédit photo: iStockphoto.com

1. À consommation égale, l’alcoolémie est moins élevée chez une grande personne que chez une plus petite

Vrai. L’effet de l’alcool est proportionnel à la quantité de liquide dans l’organisme. Plus une personne est grande, plus son volume d’eau et de sang est élevé, et plus l’alcool est dilué. Elle s’enivre donc moins vite.

2. Les femmes supportent moins bien l’alcool que les hommes.

Vrai. Même à taille et à poids égaux, une femme qui boit la même quantité d’alcool qu’un homme aura généralement un niveau d’alcoolémie plus élevé et, par conséquent, en ressentira davantage les effets. Ce phénomène s’explique par le fait que le corps féminin contient moins de liquides corporels et plus de tissus adipeux (graisse) que de muscles. Question de métabolisme. Or, l’alcool se répand plus facilement dans les muscles que dans les gras en raison de leur teneur en eau plus élevée, ce qui lui permet de se diluer plus vite.

Ce n’est pas tout. Le foie des femmes étant plus petit que celui des hommes, l’alcool est aussi métabolisé plus lentement. Enfin, l’enzyme qui aide le foie à métaboliser l’alcool est moins efficace chez la gent féminine.

3. La bière enivre moins vite que le vin et les spiritueux

Faux. Une consommation standard de bière (341 ml/12 oz à 5% d’alcool) contient autant d’alcool qu’une consommation standard de vin (142 ml/5 oz à 12% d’alcool) ou de spiritueux (43 ml/1,5 oz à 40% d’alcool). Seul le volume de liquide dans le verre diffère. Donc, que l’on prenne trois bières ou trois verres de vodka, le résultat sera le même. Petit rappel: les boissons allongées, les cocktails et les coolers ne comportent pas moins de dangers que les autres boissons alcooliques. En effet, 2 oz (50 ml) d’alcool dans un mélange de jus de fruits demeurent 2 oz (50 ml) d’alcool! Quant aux coolers, ils ne sont pas toujours aussi légers en alcool qu’ils en ont l’air…

4. La nourriture retarde l’effet de l’alcool.

Vrai. On atteint l’état d’ivresse trois fois plus vite si notre estomac est vide. À jeun, l’alcool passe illico dans l’intestin, puis dans le sang et le cerveau. Une consommation standard est absorbée au bout de 20 à 30 minutes. Et le fait de manger après avoir bu n’y changera rien puisque l’alcool est déjà dans le réseau sanguin. En revanche, le processus est différent si l’on mange avant ou pendant la prise d’alcool, car la nourriture dans l’estomac fait tampon en absorbant une certaine quantité d’alcool, ce qui ralentit la vitesse à laquelle il passe dans le sang et, par ricochet, son impact. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que l’on sert souvent des amuse-gueule avec les consommations alcooliques. Mais attention: manger ne réduit pas le taux d’alcoolémie. Ça ne fait que retarder l’absorption de l’alcool. Par conséquent, même le plus gargantuesque des repas ne nous empêchera pas de nous enivrer si l’on boit trop…

5. L’alcool déshydrate.

Vrai. L’alcool diminue la sécrétion d’une hormone qui contrôle le contenu en eau de l’organisme. Le corps élimine donc plus d’eau qu’il n’en absorbe. La déshydratation survient vite. Résultat: le fameux mal de tête du lendemain de veille

Spiritueux, tolérance à l'alcool, consommation, eau

6. Les spiritueux de couleur foncée, comme le scotch, le rye, le rhum ambré et le cognac, favorisent davantage la gueule de bois que les alcools clairs comme la vodka.

Vrai. Les spiritueux colorés contiennent des substances, appelées congénères, qui leur donnent saveur et couleur. Malheureusement, elles contribuent aussi à l’apparition des symptômes de la gueule de bois.

7. Quand on a l’habitude de boire, l’alcool nous rentre moins dedans.

Vrai. Ceux qui boivent souvent ressentent moins les effets physiques de l’alcool. Mais la quantité d’alcool dans le sang n’est pas réduite pour autant. Le risque d’avoir les facultés affaiblies est toujours présent si l’on boit trop.

8. Un p’tit remontant aide à lutter contre le froid.

Faux. Il est vrai que la consommation d’alcool réchauffe, mais le réchauffement est de courte durée. En temps normal, les vaisseaux sanguins sous la surface de la peau se contractent au froid afin de ralentir la circulation sanguine et réduire ainsi la perte de chaleur. L’alcool fait le contraire: il dilate les vaisseaux, d’où la sensation de chaleur. Mais cette dilatation permet également à la chaleur de s’échapper rapidement, ce qui provoque une baisse de la température corporelle. Combiné au fait que l’alcool engourdit les sens – on sent moins le froid sur la peau –, ce phénomène augmente le risque d’engelures et d’hypothermie.

9. Je n’ai pas pris plus de 1 consommation à l’heure; je ne dépasserai donc pas la limite permise de 0,08%.

Vrai et faux. Une consommation à l’heure, c’est le temps moyen que prend le corps d’un adulte pour éliminer cet alcool. Mais d’autres facteurs peuvent influencer le taux d’alcoolémie et affecter les facultés, dont la grandeur, le degré de fatigue et de stress, la prise de certains médicaments, la consommation d’aliments et la masse musculaire. Par ailleurs, une heure d’attente ne changera rien à l’état d’une personne qui a trop consommé d’alcool. Seul le temps peut éliminer l’ivresse.

10. Prendre de grands verres d’eau entre les boissons alcooliques aide à prévenir la gueule de bois.

Vrai. En prenant un verre d’eau pour chaque consommation alcoolique, on maintient un bon niveau d’eau dans l’organisme et l’on prévient la déshydratation. On étanche également notre soif, tout en espaçant les consommations d’alcool. Enfin, on permet au foie de métaboliser plus rapidement l’alcool absorbé. Que du positif !

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11. Le café dégrise.

Faux. Un café noir ne dégrise personne, il ne fait que masquer les effets de l’alcool. S’il donne l’impression d’être plus alerte et éveillé, c’est simplement parce que la caféine stimule. Mais elle n’a aucun pouvoir sur le taux d’alcoolémie. Les effets de l’alcool sont toujours présents et la capacité de conduire demeure hypothéquée. Seul le temps permet au foie d’éliminer l’alcool; le café n’accélère en rien son action.

12. En dansant, j’ai beaucoup transpiré. J’ai donc éliminé l’alcool que j’ai bu.

Faux. On se débarrasse de très peu d’alcool par la transpiration. En fait, 90% de l’alcool est éliminé par le foie. Moins de 10% de l’alcool est évacué par l’urine et la sueur. Par contre, transpirer fait perdre notre teneur en eau et déshydrate. Or, moins il y a d’eau dans l’organisme, plus l’alcool reste longtemps dans le sang. Pour se dégriser, il faut attendre que le foie fasse son travail.

13. Le jus de tomate est efficace pour se remettre d’une gueule de bois.

Vrai. Les malaises reliés à l’alcool sont principalement dus à la déshydratation et à la perte de sels minéraux. Or, le jus de tomate hydrate et fournit des sels minéraux. De plus, les glucides qu’il renferme permettent d’éviter une possible baisse du taux de glycémie causée par le processus de métabolisation de l’alcool dans l’organisme.

14. En vieillissant, le corps supporte moins bien l’alcool.

Vrai. D’abord, parce que le foie et les reins fonctionnent un peu moins bien. L’élimination de l’alcool se fait donc plus difficilement. Aussi, parce que la composition corporelle change: la masse adipeuse augmente, alors que la masse musculaire diminue.

Le risque de déshydratation est également plus grand parce que, en vieillissant, on sent moins la soif. Résultat: on boit moins.

Enfin, la prise de médicaments est plus fréquente. Or, certains médicaments peuvent entraver l’élimination de l’alcool et en modifier les effets. Sans compter que l’alcool peut atténuer l’efficacité de certains médicaments ou nuire à leur élimination. Si l’on prend des médicaments, on a donc intérêt à s’informer auprès du pharmacien s’il y a des contre-indications avec l’alcool.

15. Je dois cuisiner des plats sans alcool, car il y aura des enfants au réveillon.

Faux. La chaleur de la cuisson fait s’évaporer tout l’alcool. Seul son goût subtil reste. Il n’y a donc aucun risque de nous enivrer – ou d’enivrer nos invités – en ajoutant un peu d’alcool à nos préparations chaudes ou à nos desserts flambés. Pas de contre-indications non plus avec les médicaments.

Merci à la nutritionniste Geneviève O’Gleman, à la Société de l’assurance automobile du Québec et à Éduc’alcool pour leur précieuse collaboration.

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