Le bambou partout

Le bambou partout

Par François Gariépy

Crédit photo: iStockphoto.com

Des filtres à café aux planchers, draps, vêtements, nourriture ou jardin,  on vante ses atouts écologiques d’une part, on le décrie à tout rompre d’autre part… Qu’est-ce au juste que le bambou?


Le bambou, une graminée


Le bambou est une graminée présente sur tous les continents, mais il pousse davantage dans les zones tropicales et équatoriales, principalement en Asie et en Amérique.

On peut le cultiver au Québec, mais il faut le protéger pendant l’hiver en le couchant au sol et en le couvrant de paillis pour éviter que les tiges ne gèlent. On recommande ici le bambou cespiteux (Fargesia murielae), plante ornementale très recherchée dont le feuillage très découpé ajoute une note exotique aux aménagements.

Les amateurs de bonsaï peuvent aussi utiliser le bambou pour créer de magnifiques pièces. Au jardin, les tiges de bambou séchées conviennent aux treillis et sont utilisées comme tuteur ou encore comme conduite d’eau dans les petits jardins d’eau.

Le bambou dans la cuisine et dans la construction

Le bambou dans la cuisine


Le bambou est une plante culinaire fort appréciée des Asiatiques. On prélève les turions (jeunes pousses) un peu comme dans le cas des asperges, et on les fait bouillir ou griller. Les pousses de bambou sont délicieuses en salade, en friture, en sauce ou dans les plats de légumes sautés. Parmi les grands amateurs de bambou: le panda géant qui se nourrit exclusivement de bambou…


Le bambou dans la construction


Parce qu’il est très résistant, on utilise le bambou en Asie dans les échafaudages pour les constructions résidentielles et même pour les tours de bureaux. Sa résistance permet aussi de fabriquer beaucoup d’articles pour la maison: planches à découper, comptoirs et armoires de cuisine, portes, stores, etc. Comme il est décoratif, certains architectes l’utilisent pour couvrir plafonds et murs.

La popularité des planchers de bambou ne cesse de croître. Il est facile d’entretien et plus dur que le chêne et l’érable et son prix se rapproche de celui du bois franc. Il existe différentes qualités: certains planchers contiennent des teneurs élevées en formaldéhyde à cause du type de colle utilisée pour coller les lamelles, ce qui peut être nuisible à la santé. Il faut rechercher les manufacturiers certifiés FSC (Forest Stewarship Council) qui garantissent que le bambou a été extrait de forêts gérées de façon durable.

Le bambou comme textile

Le bambou comme textile


Aujourd’hui, le bambou prend de plus en plus d’importance dans l’industrie du textile. Doux comme de la soie et léger, il est très confortable et plus durable que la soie. Il se lave et se sèche à la machine.

Il existe deux types de fibre de bambou: la viscose, ou rayonne de bambou, et le bambou naturel. Pour obtenir le bambou naturel, la plante est d’abord broyée puis, à l’aide d’enzymes naturelles et de procédés d’ébullition ou de traitement à la vapeur, transformée en pulpe. La fibre est peignée, puis filée. On ajoute souvent cette fibre à celle du coton dans les vêtements haut de gamme. Les tissus à base de fibre de bambou sont plus chers que ceux en coton et beaucoup plus rares, mais c’est un bambou totalement écologique.

Pour obtenir la viscose ou rayonne, le bambou doit être traité avec de la soude, un procédé qui permet de transformer la cellulose en fibre qui peut alors être filée et puis tissée. C’est ce procédé qui génère des polluants dangereux pour la santé et l’environnement: mercure, gaz sulfureux, chlore, etc. C’est aussi cet aspect qui fait que la viscose de bambou n’est pas totalement obtenue de façon naturelle. Les vêtements de viscose de bambou contiennent souvent de l’élasthanne (Spandex ou Lycra), à base de polyuréthane, dont la fabrication nécessite des composés toxiques. Qu’ils soient de viscose ou naturels, les tricots de bambou seraient antibactériens et hypoallergéniques.

Les draps de bambou, pour leur part, sont offerts en mélange avec d’autres fibres comme le coton, ou en rayonne de bambou à 100%. Ils sont soyeux, doux au toucher et ressemblent aux draps de coton les plus dispendieux. Comme ils seraient hypoallergéniques et antibactériens, surtout grâce à la viscose, les personnes sensibles devraient opter pour ce type de draps.

Le bambou, écolo ou pas?

Le bambou, écolo ou pas?


Le bois des chaumes (tiges des bambous) étant riche en silice, il est très dur et très résistant. La croissance du bambou est rapide, certaines espèces pouvant croître de 3 pi (1 m) par jour.

Il pousse comme de la mauvaise herbe, sans engrais ni pesticides et sans important apport d’eau, contrairement au coton. Le rendement d’une culture de bambou serait jusqu’à 25 fois supérieur à celui d’une forêt. Une fois coupé, le bambou peut repousser à partir des racines laissées en terre.

Il freine la vitesse du réchauffement de la Terre. Il absorberait une quantité de gaz à effet de serre 5 fois plus importante que celle absorbée par les arbres et produirait 35% de plus d’oxygène. Les racines de bambou, fortes et capables de retenir l’eau, aident à combattre l’érosion des terres.

Le bambou doit être transporté, ce qui crée beaucoup de gaz à effet de serre. Cependant, les autres fibres comme le coton doivent elles aussi parcourir de grandes distances, parce que la plupart des vêtements proviennent de l’Asie! Comme dit Karen Veilleux de la société Respecterre, il n’y a pas de fibre parfaite! D’après elle, il est plus avantageux d’acheter et de porter des vêtements de bambou que des vêtements synthétiques ou encore de coton non biologique. On sait que la culture du coton nécessite beaucoup d’eau, à savoir environ 120 jours d’arrosage, et surtout d’énormes quantités de pesticides...

 

Mise à jour: avril 2011

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