Héberger ses parents vieillissants

Héberger ses parents vieillissants

Par Patricia Gougeon

Crédit photo: iStockphoto.com

Avant de se lancer dans l’aventure, toute personne intéressée à accueillir un ou ses parents vieillissants à la maison devrait d’abord s’assurer de la faisabilité du projet. Votre maison pourrait ne pas représenter un environnement sécuritaire pour l’accueillir. En outre, les besoins particuliers qu’exige un état de santé précaire pourraient être impossibles à prendre en charge... Faites le bilan du temps dont vous aurez besoin pour offrir des soins à l’être cher et assurez-vous d’être en mesure de les dispenser.

Une fois ces questions réglées, plusieurs n’hésiteront pas à accueillir à la maison un parent vieillissant, mais certains devraient y songer plus longuement avant de prendre une telle décision. Bien qu’il y ait des avantages à cette forme de cohabitation, les inconvénients peuvent rapidement prendre le dessus, surtout si on a un conjoint et des enfants.

Voilà pourquoi une bonne discussion avec tous les membres de la famille devrait faire partie des premières démarches à entreprendre. Cette rencontre devrait avoir lieu sans votre futur pensionnaire afin que chaque personne puisse s’exprimer librement sur la question. Tout le monde est d’accord pour accueillir Papi à la maison? Parfait! Établissez dès maintenant les règles que chacun devra respecter et, cette fois, en consultant également votre nouveau «colocataire» : pièces réservées, déroulement des repas et des loisirs, participation financière, etc. Ne laissez rien au hasard! Mieux vaut prévoir dès maintenant les sources potentielles de conflits que d’avoir à trouver un terrain d’entente alors que l’atmosphère est tendue. 

Les avantages de la cohabitation

Partager sa maison avec ses parents comporte des avantages non négligeables. D’abord financièrement, puisque le parent peut débourser une pension ou participer à une partie des dépenses. Tous profiteront également des échanges de services possibles: garder les enfants, préparer les repas, etc.

Le sentiment de sécurité ressenti à la fois par l’hôte et la personne hébergée fait aussi partie des avantages à considérer. Lorsque vous aurez à quitter pour un long séjour, quelqu’un sera sur place pour veiller sur la maison. Si votre conjoint s’absente régulièrement, la présence d’une autre personne dans la maison pourrait vous rassurer. Inversement, si votre parent souffre d’ennuis de santé, il sait qu’il y aura toujours quelqu’un sur place pour lui venir en aide.

Cohabiter vous aidera aussi à solidifier les relations entre votre parent et votre famille. Les enfants profiteront grandement de la présence quotidienne de leurs grands-parents.

Les désavantages

Les moins

Si les avantages sont nombreux, tout n’est pas toujours rose pour autant! Il peut être parfois ardu pour chacun de trouver sa place dans cette nouvelle dynamique familiale… Laissez le temps faire son oeuvre pour permettre à chacun d’apprivoiser la nouvelle situation.

Votre belle-mère, nouvellement arrivée chez vous, s’ingère dans l’éducation de vos enfants? Votre conjoint et vous avez du mal à vous retrouver seuls? Rectifiez les choses dès qu’elles se produisent afin de ne pas laisser le conflit s’envenimer. Rappelez-vous toutefois que votre nouveau pensionnaire n’est pas un simple visiteur: maintenant que vous lui avez ouvert votre porte, votre parent est aussi chez lui. Tous devront faire leur bout de chemin pour arriver à un consensus en respectant l’espace, les attentes et les besoins de chacun.

L’expérience de Denise

Denise Gingras avait 26 ans lorsqu’elle a accueilli son père, monsieur Brochu, alors âgé de 63 ans. «Ma mère venait de décéder. Mon père devenait dépressif et buvait plus qu’à l’habitude, raconte-t-elle. C’est mon mari, Claude, avec qui j’étais mariée depuis 6 ans, qui a eu l’idée. On demeurait dans un 4-et-demi en face de chez mes parents qui eux avaient un grand 5-et-demi. On a donc emménagé chez mon père.»

Dans leur cas, tout s’est bien déroulé. Monsieur Brochu, un homme en pleine forme et très indépendant, avait ses propres activités, préparait lui-même ses repas et n’avait pas besoin d’attention particulière. Monsieur Brochu sortait régulièrement faire ses courses ou voir des amis, il était peu souvent à la maison ce qui laissait au couple l’intimité dont il avait besoin. «Mon père n’a jamais mangé avec nous: il écoute la télé dans sa chambre. C’est son propre choix. C’est comme si sa chambre devenait son petit appartement», ajoute madame Gingras.

Cette cohabitation a aussi permis à Denise et à son père de se rapprocher. «Lorsque j’étais jeune, mon père était souvent absent, se rappelle Denise. Je n’étais pas proche de lui comme je l’étais de ma mère. Cette façon de vivre m’a permis d’apprendre à le connaître davantage.» Aujourd’hui âgé de 90 ans, le père de Denise demeure toujours avec le couple. L’harmonie règne encore dans la maison!

Votre choix?

Accueillir ou non ses parents vieillissants à la maison n’est certes pas une décision à prendre à la légère. Si vous hésitez à cohabiter avec vos parents ou vos beaux-parents, peut-être que la maison intergénérationnelle pourrait mieux convenir à votre situation. Cette solution permet de conserver une plus grande intimité, tout en demeurant à proximité. Peu importe l’option choisie, il faut en discuter, mettre ses limites et surtout respecter tous et chacun, ne jamais s’imposer ou imposer l’idée.

Mise à jour: septembre 2008

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Le billet d'Aline Pinxteren, Éditrice et rédactrice en chef

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