Assurance voyage: une protection essentielle

Assurance voyage: une protection essentielle

Par Ronald McKenzie

Crédit photo: iStockphoto.com

Qui a dit qu’un accident était si vite arrivé? L’hiver dernier, nouvellement retraitée, Hélène s’est payé une somptuosité: un voyage de trois semaines dans le Sud des États-Unis. Golfeuse émérite, son objectif était de jouer sur les parcours légendaires du pays de Tiger Woods.  

Au 8e trou du Kiawah Island Golf Resort, en Caroline du Sud, la poisse: Hélène se tord la cheville en sortant d’une fosse de sable. Un médecin diagnostique une vilaine entorse. Les frais de soins médicaux s’élèvent à… 3000$ et la facture doit être acquittée sur-le-champ. Heureusement, Hélène peut payer avec sa carte de crédit. «Je demanderai un remboursement à la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) à mon retour», dit-elle. Effectivement, la RAMQ l’a remboursée, mais d’un montant de 367$ seulement… La différence de 2633$, eh bien!, elle doit l’assumer elle-même.  

Assurance voyage: une protection essentielle

Que retient Hélène de son expérience? Plus jamais elle ne voyagera sans avoir acheté au préalable une assurance voyage. Cette précaution est d’autant plus judicieuse que les primes, pour les séjours de courte durée, tournent autour de 200$ par personne. Compte tenu des sommes qui pourraient être en jeu, il s’agit d’une protection abordable. Par «courte durée», on parle généralement de 90 jours ou moins, peu importe le type de voyage que vous entreprenez. En effet, les compagnies d’assurances fixent le montant des primes en fonction de votre âge et de votre état de santé.  

Habituellement, une assurance voyage comprend une protection santé et une assurance annulation. Là aussi, il s’agit d’une protection essentielle. En effet, Hélène ou un membre de sa famille pourrait tomber malade juste avant son départ. Elle pourrait également être coincée dans un bouchon de circulation entre Montréal et l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, ce qui lui ferait rater son vol. Si cela se produisait, elle serait indemnisée. 

Notez que les assureurs peuvent refuser de vous couvrir si vous visitez certains pays. Certains assureurs ne couvrent pas les frais liés aux voyages dans les pays visés par un Avertissement aux voyageurs communiqué par écrit par le gouvernement du Canada.  Vous devez donc vérifier ce point avec la compagnie d’assurances. «Se rendre dans un pays où il y a un Avertissement aux voyageurs pourrait avoir une incidence sur votre assurance santé et/ou votre assurance annulation de voyage. La décision d’entreprendre un voyage incombe uniquement au voyageur», dit avec insistance le ministère canadien des Affaires étrangères et du Commerce international.

Souscrire une assurance voyage

Souscrire une assurance voyage

C’est facile de souscrire une assurance voyage. Le plus simple consiste à prendre celle qu’offrent les agences de voyages, ce qui permet de tout régler sur place. Mais avant de dire oui, vérifiez si vous n’êtes pas déjà couvert au travail par le truchement de votre programme d’avantages sociaux. Si vous êtes retraité, il est possible que votre régime prévoie la continuation de ce service, même si vous ne travaillez plus pour votre employeur.

Par ailleurs, les détenteurs de cartes de crédit de prestige (Or, Platine, Classique, VIP, etc.) peuvent bénéficier d’une certaine protection santé et annulation. Cependant, les montants couverts sont souvent limités. En outre, l’assurance n’est habituellement valable que si le voyage a été payé au moyen de cette carte de crédit spécifique.

Les longs séjours

Si la souscription d’une assurance voyage pour un séjour de deux ou trois semaines est une affaire de quelques minutes, il en va autrement pour les expéditions de deux mois et plus. Vous devez alors vous procurer une police de longue durée, ce qui est plus complexe.

La difficulté sera de trouver le contrat qui répond adéquatement à vos besoins au meilleur prix possible. En effet, les primes des polices de longue durée peuvent varier, pour une personne, de 1000$ à 3000$, selon votre âge et votre état de santé.

Or, au-delà du prix de la prime, ce sont les garanties qu’il faut examiner. Les assureurs sont notamment pointilleux sur les «exclusions médicales». Avant de conclure le contrat, ils vous demanderont si vous souffrez d’hypertension artérielle. Si vous répondez non alors que votre médecin, six mois plus tôt, vous a dit que vous aviez une propension à en faire, soyez «assuré» que vous aurez des problèmes à vous faire indemniser advenant des troubles cardiaques durant votre voyage. Attendez-vous donc à subir un questionnaire médical serré. Par exemple:
• Combien de médicaments différents prenez-vous par jour? Depuis quand? Quels sont-ils?
• Souffrez-vous de problèmes cardiovasculaires, y compris arythmie, angine, insuffisance cardiaque?
• Avez-vous déjà fait un infarctus? Avez-vous subi un ou des pontages?
• Portez-vous un stimulateur cardiaque (pacemaker)?
• Avez-vous déjà fait un accident vasculaire cérébral?
• Souffrez-vous de problèmes respiratoires?
• Vous a-t-on déjà traité pour un cancer?
 
Si vous répondez oui à l’une de ces questions, on vous demandera des preuves de la stabilité de votre état de santé. Votre médecin pourra remplir les déclarations appropriées. Comme vous êtes considéré comme un risque aggravé, la prime augmentera.

Les courtiers en assurance voyage

Les courtiers en assurance voyage

Le magasinage d’une protection pour un long séjour peut être un exercice exigeant. En effet, certains contrats font 40 pages bien tassées, avec force petits caractères. Comparer deux ou trois polices entre elles devient alors aléatoire. Voilà pourquoi de nombreux touristes retiennent les services d’un courtier en assurance voyage. En effet, celui-ci a accès aux produits de plusieurs compagnies avec qui il est habitué de travailler. Un courtier peut vous aider à bâtir des protections intéressantes, en jumelant une assurance de courte durée pour les premiers jours à l’étranger avec une police de longue durée pour le reste du voyage, par exemple.

Les courtiers en assurance voyage ne sont pas répertoriés spécifiquement dans les Pages Jaunes. Il est plus facile d’en trouver un en fouillant sur Internet.

Peu importe où vous souscrirez votre police de longue durée, vous devriez de toute façon subir un examen médical avant de partir. Demandez à votre médecin de remplir une déclaration indiquant que votre santé vous permet de voyager à l’étranger. En cas de difficulté avec la compagnie d’assurances, le document de votre médecin vous sera d’un précieux recours.

Cuba exige une assurance maladie

Cuba exige une assurance maladie

Depuis le 1er mai, les autorités cubaines exigent que vous soyez muni d’une assurance couvrant les frais médicaux à votre arrivée sur le territoire, à défaut de quoi vous devrez vous procurer une assurance locale sur place, dans les aéroports. Le bureau de tourisme de Cuba indique que la carte d’assurance maladie du Québec est acceptée comme preuve de protection médicale. Si vous voyagez avec de jeunes enfants, notez qu’ils doivent avoir la leur au moment de passer les douanes cubaines.

 

Pour entrer à Cuba, vous devez donc présenter:

• Un passeport canadien ou un visa canadien valides.

• Une carte de touriste dûment remplie.

• Votre carte d’assurance maladie du Québec (ou d’une autre province, si vous résidez hors du Québec).

Rappelons que la Régie de l’assurance maladie du Québec ne rembourse qu’une partie des services médicaux et hospitaliers reçus à l’extérieur du Canada. Quant aux services hospitaliers, ils sont couverts en cas d’urgence seulement (maladie soudaine ou accident) et ils sont remboursés jusqu’à concurrence de 100$ par jour seulement.

Par conséquent, avant de partir pour Cuba, ne lésinez pas: souscrivez une assurance maladie privée pour éviter de sérieux désagréments monétaires. Les données montrent que plus de 80% des personnes qui visitent Cuba le font avec une assurance voyage qui englobe les frais médicaux. Notez que les autorités cubaines reconnaissent toutes les polices émises par les compagnies d’assurances établies au Canada.

 

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