Un gros coquillage ramené de Cuba par sa tante, deux ou trois manuels du cégep qui prennent la poussière, son épée d’escrimeur en herbe du primaire, des bébelles éparses ramenées de nos vacances en famille… il ne reste que ces bribes d’enfance dans la chambre déserte de mon fils. Ça y est, mon fils est parti. Fini ses amis qui s’invitent à notre table pour une pizza avant de sortir, fini les soupers à trois devant une série télé, plus de sac à dos ni de piles de souliers traînant dans l’entrée.
Autonomie, responsabilités, adulte, indépendance… tous ces mots sérieux, gonflés d’importance, collent désormais à celui à qui je me revois encore si nettement apprendre à marcher.
Comment vit-on cette incontournable séparation? Je cherche des conseils sur Google pour trouver l’équilibre entre trop et pas assez dans cette nouvelle relation en train de se tisser, d’adulte à adulte, où notre petit n’en est plus un. Il faut dire que ma grand-mère lessivait et repassait chaque semaine tout le linge de la famille de cinq de sa fille, nous recevait tous à dîner chaque dimanche, en plus de garder la marmaille les mercredis après l’école, et pouvait compter sans faillir sur un appel par jour au moins de ma mère. Appel quotidien que, devenue grande, j’ai ritualisé à mon tour avec cette dernière, tout comme la visite hebdomadaire. D’emblée, j’ai imposé cette continuation à la génération suivante – souper chaque dimanche à la maison et nouvelles données régulièrement –, avec, parfois, une sensation de malaise face à cette (trop) forte pression, presque un chantage à l’affection, qui crée peut-être au fond plus de distance qu’elle ne rapproche.
Mes recherches Google ont repris de plus belle, avec de nouveaux mots-clés, «mère toxique», «parent trop présent» ou «comment savoir si on est envahissant». C’est dire combien le texte de Caroline Fortin, Rester proche de ses enfants, paru dans notre numéro d’octobre, est tombé à point! On sera probablement plusieurs ici à rêver en lisant le témoignage de cette merveilleuse Marjolaine, que ses enfants appellent parce qu’ils en ont envie, qu’ils invitent à leurs partys d’amis et accompagnent en vacances.
Son secret? Favoriser la qualité des échanges et non la quantité, arrêter les «tu devrais» et les «moi à ta place», renoncer au rôle d’éducateur, ne pas avoir d’attentes, écouter sans juger, être là sans prendre trop de place… Tout un défi! Au fond, c’est notre enfant qui quitte le nid, mais c’est comme si c’était à nous de voler de nos propres ailes… Et vous, si vos enfants sont grands, comment avez-vous vécu cette séparation? Hâte de lire vos témoignages!
Trebel article sur la séparation. Nous avons vécu cette douloureuse étape lorsque ma fille unique a quitté la maison pour l’université Laval à Québec. Au début, elle a trouvé ça extrêmement difficile tout comme nous mais avec le temps, 10 années à parcourir Montréal-Québec, nous nous nous sommes habitués à nos nouvelles vies et aujourd’hui nous nous visitons toujours avec énormément d’émotions. Bon voyage !
Bonjour.
La plus vieille est partie, il me reste le plus jeune, autiste, peut-on dire à 29 ans le plus jeune. La dynamique est différente car à 29 ans, même s’il est moins mature, il fait sa petite affaire tellement que j’en oublie qu’il est là. Mais bon, faut que jeunesse passe.